De la visite chez le plombier

J’ai mentionné rapidement Tuper Tario Tros. dans mon dernier billet, mais une autre vignette Flash récente s’est amusée à reconfigurer le design classique de Super Mario Bros. en fonction du recul historique. Dépourvu de toute mauvaise foi, Super Mario Crossover convie en effet divers avatars célèbres de la période NES à traverser à leur tour le Mushroom Kingdom. Et si la culture du « hack » a sans doute mise à exécution des idées similaires au fil des années, il est intéressant de noter que ceci est une minutieuse reconstitution « à la main » des éléments esthétiques et mécaniques du fameux jeu de plateformes, plutôt qu’un nouvel agencement de son code source.

Rappelant dans son concept le génial ROM CHECK FAIL, c’est le grand souci du détail qui permet à cet exercice d’aspirer au statut d’artéfact. Consciencieux, le jeu permet de passer d’un personnage à l’autre entre chaque tableau, inclut de brèves instructions concernant chacun d’entre eux, et reproduit avec une fidélité impressionnante les poids, vitesses et points faibles hautement caractéristiques des icônes que sont Mega Man, Samus ou Bill Rizer. Même l’adaptation du bien-aimé Link, provenant d’un genre autre que le jeu de plateformes latéral, s’avère judicieuse et parfaitement fonctionnelle, tandis que les experts seront curieux de mettre à l’épreuve, dans ce nouveau contexte, la conduite capricieuse du chasseur de vampires Simon Belmont.

Ce que nous rappelle avant tout Super Mario Crossover, c’est à quel point la traversée d’un parcours varie en fonction de l’avatar et de sa manipulation, donnée primordiale d’une esthétique de design singulière. La présence des musiques familières, ainsi que les ajustements cosmétiques opérant à la saisie d’une fleur ou d’un champignon, ne sont que des raisons additionnelles de consacrer quelques minutes à cette réjouissante expérience de permutations ; l’insertion prochaine de Ryu Hayabusa, protagoniste infiniment agile de la série Ninja Gaiden, devrait pour sa part lui faire franchir le seuil du divin.

Laisser un commentaire