2010 en revue – Pac-Man Championship Edition DX


Tout le monde connaît Pac-Man. C’est la définition même de la « valeur confirmée », un survivant de cette époque où les compagnies électroniques se disputaient les formules qui accrocheraient spontanément les nouveaux venus, puis les feraient revenir au grand malheur de leur portefeuille. Son imagerie s’est burinée dans l’esprit de quiconque y a déjà posé les yeux, et le jeu demeure un modèle de clarté et d’accessibilité en termes de design ludique. Mais cette réputation en fait-il un « intouchable » pour autant?

On associe Pac-Man au passé car il n’a jamais vraiment changé. Il traîne toujours quelque part à portée de main, fidèle au poste, intègre, mais aussi un peu ridicule dans son maintien résigné de quelques éléments frustrants. Personne n’aime vraiment se retrouver coincé dans une impasse qu’il n’aurait jamais pu anticiper. Personne ne raffole du zig-zag chaotique de fin de niveau, alors qu’il ne reste plus que quelques croquettes éparses à récolter. Commencer une partie de Pac-Man est toujours agréable, mais une exposition de quelques minutes suffit à nous rappeler pourquoi nous n’y jouons pas plus souvent. Et c’est ici qu’intervient Pac-Man Championship Edition DX.

Je n’étais pas aux aguets lorsque le premier Championship Edition est sorti en 2007 ; pour en savoir plus, demandez à Tim Rogers. Ce dont je peux parler en toute connaissance de cause, c’est de la trépidation que j’ai senti à mon premier contact avec cette nouvelle mouture, et que j’ai retrouvé à chaque nouvelle séance depuis. J’explique.

La dernière version du classique de Namco effectue un mouvement double: elle célèbre tout ce que nous aimons de Pac-Man, et améliore, corrige ou ré-invente carrément le reste. La déroulement général du jeu est totalement révisé, un peu difficile à expliquer par écrit, mais suffit de dire qu’avec son mouvement de va-et-vient constant et le sentiment que chaque hésitation pourrait être fatale, les tâtonnements un peu aléatoires du Pac-Man classique sont remplacés par une progression beaucoup plus axée sur l’observation et la concentration. Plus la partie avance, plus la vitesse et les variables augmentent, et le jeu devient alors un test de décisions rapides où les options pour obtenir un bon score sont aussi nombreuses que fuyantes. Pendant ce temps, loin d’être écartés, les plaisirs fondamentaux que sont le gobage de petits points et la revanche contre les fantômes atteignent un niveau complètement délirant, amplifiés par un traitement sonore ahurissant.

Dans le podcast où j’ai fait part de mon appréciation, Blob lançait à la blague le terme « édition spectacle » pour décrire le jeu ; une étiquette qui fait rire mais qui s’avère tout à fait apte en réalité. Avec ses couleurs néon, les crescendos subtils de sa musique et l’intensification continue de l’action à l’écran, Pac-Man CE DX est un objet aussi électrisant à regarder filer qu’à manipuler soi-même. Mais aussi voyant soit-il, l’aspect audiovisuel est d’autant plus admirable qu’il n’obscurcit la jouabilité à aucun moment ; il l’accompagne, la renforce, la récompense. Aussi étrange qu’il puisse paraître de le souligner, il devient possible de jouer à Pac-Man en se fiant uniquement à ses yeux et ses oreilles, l’information étant si claire, les commandes si fiables et le système si bien programmé que le déroulement de la partie ne dépend plus que du bon jugement de l’opérateur. Très peu de jeux sur les consoles contemporaines accomplissent une telle synergie.

Disponible en téléchargement payant sur X360 et PS3, Pac-Man Championship Edition DX est une des sorties les plus réjouissantes de 2010. En plus d’être stimulant pour l’oeil et l’oreille, c’est un jeu fin et précis dans ses mécaniques, subtil dans le degré de maîtrise qu’il autorise, et assez ajustable pour plaire aux joueurs recherchant divers types d’expériences. Il nous apprend aussi à ne jamais prendre pour acquis ce dont on croyait avoir fait le tour pour de bon, et redore le blason du jeu vidéo dans ce qu’il a de plus pur.

2 réflexions au sujet de “2010 en revue – Pac-Man Championship Edition DX”

  1. Tu y joues avec le D-Pad ou avec le stick? Parce que sur xbox, le d-pad est une vraie bouette et le stick n'est pas très précis. Résultat, ça va pas très bien pour jouer à Pacman! 🙁

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