2010 en revue – Seasons

Dans l’article précédent de cette revue, je m’éparpillais en des termes légèrement obscurs sur un jeu d’Atari expérimental. Mon collègue Sébastien (alias Banana Blob) m’a fait remarquer la difficulté de ce texte, et je n’ai pu qu’être d’accord avec lui. Mais il faut reconnaître que certains spécimens un peu particuliers nous donnent si peu de pistes pour les comprendre qu’il faut se mettre à en inventer. Le travail qu’on fait faire à son propre cerveau peut alors devenir plus intéressant que la chose elle-même, au grand désarroi du lecteur.

Heureusement, tous les jeux vidéo n’exigent pas qu’on s’adonne à un tel casse-tête. Certains s’adressent tellement directement aux sens et aux émotions les plus simples que les mots parviennent difficilement à les résumer. Seasons en est un très bel exemple.


Le dernier jeu de Patrick Smith était l’excellent (et payant) Windosill, aussi produit en Flash, et aussi impressionnant dans sa capacité à nous faire oublier les limites de ce logiciel. Très similaire dans sa construction en tableaux distincts et dans son emphase sur la manipulation d’objets, il comportait cependant des énigmes qui exigeaient d’être résolues afin de progresser ; aspect que Seasons écarte complètement, en plus de s’en tenir à des scènes très dépouillées. Toute l’attention est donc centrée sur quelques détails et sur le simple plaisir de la découverte.

Et quel plaisir. Smith fait de chaque vignette une surprise, un jeu avec les attentes que l’on se fait par rapport au comportement physique naturel des choses. Certaines récompensent l’effort d’aller fouiller les recoins ou de s’étendre un peu plus longtemps, d’autres moins, mais l’animation minutieuse de chaque objet est assez fascinante pour faire de l’exploration un vrai bonheur. Pendant ce temps, le son d’une bobine de film donne à la chose le ton d’une collection de souvenirs, de petits moments spéciaux à retenir. Traversé en quelques minutes à peine (à moins de vraiment s’attarder), Seasons est un peu mince, mais il ne fait aucun doute que Vectorpark reviendra d’ici peu avec une autre belle démonstration d’imagination poétique.

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